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Mardi 7 mai 2013 2 07 /05 /Mai /2013 09:37

136L’analogie entre la randonnée et la formation n’est sans doute pas une idée nouvelle. Elle refait régulièrement surface avec l’arrivée des beaux jours, à l’heure où nombre d’enseignants rêvent d’ouvrir grand leurs salles de classe. A l’heure où, se souvenant de leurs idéaux rousseauistes, ils se découvrent, surpris et déçus, à guetter discrètement la pendule en attendant la fin du cours. A l’heure enfin où ils se verraient bien faire un bout de chemin avec cet élève prometteur sans risquer l’opprobre ou le soupçon infâme…

 

En formation d’adulte, c’est pareil : si le grand mérite de l’ingénierie de formation a été de structurer un exercice professionnel qui, dans les premiers temps, laissait trop de place à l’approximation, poussée à l’extrême elle enferme dans un carcan où il ne reste plus d’espace à  l’inattendu, aux chemins de traverse,  à la serendipité …

 

Ouvrons donc nos esprits et inventons ensemble une nouvelle ingénierie de la randonnée.

 

Tout d’abord il faut en avoir l’envie : Le retour du soleil n’est pas étranger au désir de marcher mais quelle randonnée choisir ? Combien de temps ai-je devant moi ? De quoi suis-je capable ? Entre les quelques heures pour découvrir un joli site près de chez soi et les deux mois de la marche de St Jacques, l’étendue est immense, et voici le temps du projet.

 

Puis achetons un guide ; fort bien fait la plupart du temps, celui-ci me propose plusieurs choix, m’indique le point de départ et le point d’arrivée, ainsi que les différentes étapes. C’est une affaire de spécialiste, et je fais toute confiance à l’auteur qui a testé la route avant moi et a identifié les risques et les chausse-trappes. Il m’alerte sur les points de vue à ne pas rater, avec quelques photos peut-être pour me mettre en appétit mais pas trop pour ne pas me gâcher le plaisir de la découverte. Le plan me rassure, d’autant qu’il est relayé sur le terrain par des balises colorées. Cette articulation entre le document de cadrage conçu a priori et l’appui sur le terrain m’est précieuse.

 

Bien sûr, j’aurais pris tout ce dont j’aurais besoin ! Bonnes chaussures, sac à dos, victuailles (pas trop), boussole pour les plus téméraires … voici mon viatique. Mes ressources, en quelque sorte. Peut-être sur la route trouverais-je à me ravitailler : fruits des bois, eau potable, pourquoi pas une auberge de campagne, ajoutant à mes ressources personnelles celles glanées sur les chemins.

 

Je ne voyage jamais seul. Le plus souvent à deux, nous nous épaulons mutuellement, l’un attendant l’autre parfois, à d’autres moments de concert, mais toujours chacun respectant son rythme. Les pauses sont partagées et nous échangeons sur ce que nous avons vu ; parfois les silences sont aussi éloquents. Mais sur la route il y a aussi ceux que vous croisez ou dépassez, qui vous saluent ou échangent quelques mots avec vous. Les sentiers de randonnées sont peut-être les derniers remparts de civilité et de courtoisie ! Et puis il y a ceux qui ont parcouru le sentier avant vous, qui ont laissé des traces. Parfois malheureuses, la civilité n’allant pas toujours jusqu’à emporter ses déchets, mais parfois heureuses. Ce petit raccourci que vous empruntez a été creusé par des centaines de promeneurs avant vous, au point qu’il en vient presque naturellement à prendre la place du chemin officiel. Le chemin se fait en marchant, comme dit le poète !  

 

Au bout du chemin, la fierté d’avoir réussi, de poser pour l’éternité photographique. De retour chez moi, j’aimerais faire part de mes découvertes, je posterais quelques photos ou commentaires sur les réseaux sociaux, suscitant peut-être ainsi l’envie chez d’autres …

 

En définitive, le chemin que j’aurais parcouru aura été le mien ; imprévisible, unique, inédit, non reproductible. C’est avec mes pieds, mes muscles que j’aurais éprouvé la rudesse des montées et la hauteur des pierres. C’est avec mes oreilles que j’aurais été charmé d’un piaillement d’oiseau, du doux chant d’une cascade. C’est avec ma langue que j’aurais saisi la saveur acidulée d’une fraise des bois ou le parfum sucré d’une mangue bien mûre. C’est avec mes yeux que j’aurais compris l’immensité du monde et la plénitude d’un regard amoureux …

 

 

Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Humeur
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Lundi 18 mars 2013 1 18 /03 /Mars /2013 10:17

 

Cette parole de l'évangile (Jean 3-30) est finalement la grande affaire de toute vie. Parents, la montée en autonomie de nos enfants n’est possible qu’au prix de la diminution de notre autorité. Formateurs, une présence trop imposante empêche l’autre d’apprendre par lui-même et parfois même de rompre avec ses certitudes : j’ai le souvenir d’une apprenante qui ne voulait en aucun cas admettre qu’il était possible de soustraire un grand nombre d’un petit « parce que sa mère, institutrice, lui avait enseigné ainsi ». Consultant, coach, vient le moment où l’accompagné doit poursuivre seul son chemin.


Penser par soi-même, fixer ses propres règles, décider ce qui est bon pour soi : voilà ce que devrait être la finalité centrale de toute éducation, de tout accompagnement.


Il semble donc naturel de s’effacer progressivement pour permettre à l’autre de grandir. Cela n’est pas gênant dès l’instant où l’on considère notre posture professionnelle ou personnelle comme étant celle qui permet de faire un bout de chemin avec un alter égo en le soutenant durant le temps où il en a besoin et en se réjouissant qu’il puisse, à un certain moment, se passer de cet étayage. Mais qu’en est-il lorsque la personne accompagnée va inéluctablement vers une perte d’autonomie ? Lorsque son présent est fait de petits renoncements quotidiens ? Lorsque son avenir est celui de la diminution progressive de ses forces physiques et de l’amenuisement de ses capacités réflexives ? Je pense bien sûr aux personnels soignants des maisons de retraites, des soins palliatifs, ou bien encore aux assistants de vie à domicile. La courbe est inversée : l’accompagnement est celui de la perte et non du gain d’autonomie, et ce pouvoir qui nous est donné peut conduire à ne plus respecter la personne, d’ailleurs souvent « pour son bien », dans les choix qu’elle est encore en mesure de faire. C’est alors le début de la maltraitance.


La confrontation au quotidien des personnes en perte d’autonomie nous renvoie aussi une image de notre propre devenir et la projection est difficilement évitable. Que deviendrais-je moi-même lorsque les forces me lâcheront ? De quels maux devrais-je supporter les contraintes ?  Quelles décisions pourrais-je encore prendre pour orienter ma vie et en rester maitre ?


L’empathie est souvent présentée comme une compétence relationnelle majeure dans les métiers de services aux personnes. Se mettre à la place de l’autre pour mieux le comprendre est certes important pour changer son point de vue sur l’environnement et les conditions de la personne aidée. A cet égard, les simulateurs de vieillissement, dispositifs techniques qui permettent d’endosser les maux des personnes âgées, offrent des occasions d’expériences sensorielles enrichissantes et il faudrait, pour être complet, inventer des simulateurs de sentiments !


Mais l’expérience empathique doit être de courte durée : se mettre trop longtemps à la place de l’autre est dangereux pour soi, eu égard au phénomène projectif évoqué plus haut, mais aussi pour l’autre. Il est indispensable au contraire de considérer le plus longtemps possible la personne accompagnée comme un adulte responsable et occupant, ici et maintenant, sa juste place dans son parcours de vie, en accord avec ses choix passés et présents et absorbant au fur et à mesure et à sa manière les évènements et les aléas de cette vie. Son destin est le sien, mon destin est le mien. Quelles qu’en soient les conditions, la vieillesse est croissance. Considérer la personne vieillissante ou en fin de vie non pas avec la vision négative de la perte d’autonomie mais avec une vision d’accomplissement est une manière de contrer l’angoisse que génère naturellement cette situation spécifique d’accompagnement.

Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Humeur
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Jeudi 14 février 2013 4 14 /02 /Fév /2013 08:51

 

A la demande de l’association Formatic, je suis intervenu lors du colloque TIC Santé 2013, ce mercredi 13 février.

 

Le matin, j’ai présenté une communication intitulée « quels modèles de e-formation pour un apprentissage autonome ? ». Cinq ans après ma première intervention, à Nîmes, j’ai tenté de montrer les principales évolutions du secteur, et proposé dix types de e-formation, classés selon le niveau d’autonomie exigée de la part des apprenants.


Ci-dessous le diaporama de mon intervention.

 

 

 

 

Le texte complet de mon intervention est téléchargeable ici.

 

et la vidéo est consultable ici

 

L’après-midi, j’ai présenté une autre intervention intitulée « les réseaux sociaux, passerelle entre formation formelle et informelle ». Sans angélisme démesuré, j’ai expliqué en quoi les réseaux sociaux, et notamment Facebook, pouvait être une modalité de professionnalisation, complémentaire aux offres plus formelles. Puis, j’ai  identifié quelques  points de vigilance pour un usage intelligent et raisonné des réseaux, autant pour l’apprenant que pour l’institution.


Ci-dessous, le diaporama de cette seconde intervention.

 

la vidéo est consultable ici  

 

Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Usages
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Lundi 28 janvier 2013 1 28 /01 /Jan /2013 16:17

Pearltrees est un système de curation (i.e. pratique qui consiste à sélectionner, éditorialiser et partager du contenu) qui permet d’organiser et de partager le fruit de vos découvertes sur le web à partir d'une simple application à insérer à votre barre de navigation. Au fil de votre navigation, vous mémorisez les sites qui vous plaisent, en les organisant sous la forme d'un "arbre à perles", sorte de carte mentale en arborescence que vous définissez au fur et à mesure et en fonction de vos centres d'intérets.

 

Mais, plus fort encore, le système vous permet de découvrir les "pearltrees voisins", c'est à dire celles des internautes qui partagent les même centres d'intérêts que vous, et les intégrer à votre propre collection.

Vous pouvez également choisir de "faire équipe" avec les personnes de votre choix pour mener des recherches collectives.

 

Voici "mon pearltrees à moi" forcément en cours d'élaboration. En toute logique, la perle  "découvrir pearltrees" vous envoie sur quelques sites de référence et des vidéos sur cet outil.


 











Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Usages
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Dimanche 30 décembre 2012 7 30 /12 /Déc /2012 08:48

J’ai eu le plaisir d’animer le 28 septembre 2012 les tables rondes des premières rencontres régionales de la multimodalité en formation, organisées à Caen par la Région Basse-Normandie. Les vidéos des différentes interventions de la journée sont disponibles sur ce lien.

 

Je vous invite particulièrement à visionner la première table ronde, intitulée « De l’ère du e-learning à l’ère de la multimodalité : Trans-formation », durant laquelle j’ai échangé avec Jacques Bahry, président du FFFOD, Samuelle Dilé, Directrice de la société Auréacom et  Communauty-Manager de la plate-forme régionale Communotic, et enfin  Hervé Le Crosnier, enseignant-chercheur à Université de Caen.

 

Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Usages
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  • formation innovation technologies compétences FOAD
  • Consultant indépendant, Docteur en sciences de l'éducation, je travaille depuis plus de vingt ans sur les questions d'innovation et d'usage du numérique dans la pédagogie et la formation des adultes.
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