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Jeudi 20 septembre 2012 4 20 /09 /Sep /2012 17:03

 

Il est toujours singulier de constater que les formes résistent au fond : en effet, c’est par une suite de conférences, certaines plus captivantes que d’autres, que le campus européen d’été de la Cité des Savoirs a traité, du 17 au 21 septembre à Poitiers, la question « Qu’apprend-on avec les réseaux socionumériques ? ». Autrement dit, une forme qui privilégie davantage le formel que l’informel, mais qui m’a toutefois permis de réactualiser ma perception de « l’irruption » des réseaux sociaux dans  les dispositifs de formation, notamment en formation initiale et dans les universités. Mon sentiment à l’issue de ces rencontres est que s’il apparait quelques « pépites » d’expérimentation heureuses et originales, la généralisation est loin d’être assurée. Si, pour reprendre l’expression de Bruno Devauchelle, on assiste à un match entre réseaux sociaux et école, ce match serait à peine commencé et risquerait bien de se solder par un « match nul », aux deux sens du terme …


Le maintien des frontières entre « le monde du dehors » et « le monde de l’école », que celui-ci soit revendiqué, au nom de la sanctuarisation de lieux éducatifs et de la défense de l’approche «  communautaire »  versus « l’approche réseau », ou bien encore légitimé par la superficialité des nouveaux médias (trop limités pour développer des contenus, du domaine des émotions, donnant des informations de surface et éphémères …) occulte, me semble-t-il, le caractère inéluctable, massif et définitif d’une invasion des technologies dans toutes les sphères de notre vie et donc dans celle de nos modes d’apprentissages, autodirigés ou non.

 

C’est la raison pour laquelle les questions de recherche voire les paradigmes et les méthodologies mériteraient d’être revisités. Comme l’a souligné en l’illustrant abondamment, Jacques Viens (Université de Montréal) dans sa conférence, si les médias changent, les questions de recherche restent les mêmes et l’on aurait tout intérêt à faire un travail de mémoire avant de produire de nouvelles recherches. Si on considère uniquement les outils et les technologiques éducatives comme un élément nouveau qui s’ajoute aux pôles habituels de la triangulation pédagogique, alors les questions de recherche qui s’ouvrent ont déjà été largement traitées dans le passé. Les outils réinterrogent les modèles et théories de l’apprentissage mais les questions restent les mêmes avec les réseaux sociaux qu’avec l’intégration des supports vidéos, de l’EAO etc. Si on considère en revanche la question de la transformation sociétale qu’induisent les technologies, alors cela impose une décentration, un regard plus large dans lequel l’école, l’université sont des moments particuliers mais qui ont perdu le monopole, voire la suprématie dans la production des connaissances et des compétences. Cela nécessiterait une approche pluridisciplinaire que les équipes de recherche, cloisonnées sur leur domaine de compétence ne semblent pas prêtes à prendre.

 

Tout aussi problématique est ce qui a été évoqué à de nombreuses reprises au cours des rencontres, à savoir l’inégalité sociale face à l’utilisation des technologies. Pour faire simple, les habitus survivent aux technologies et leurs usages sont à l’image de l’utilisation des autres médias, donc socialement clivés. Non accompagné, l’usage des technologies renforcerait les inégalités au lieu de contribuer à les résorber. Selon le rapport du centre d’Analyse Stratégique N° 34 de 2011, sur la fracture numérique, les ados techno sapiens, c’est-à-dire les jeunes qui utilisent au mieux toutes les potentialités de l’internet, autrement que pour jouer en ligne ou pour « bavarder », sont les enfants dont les parents font partie des catégories socio-professionnelles les plus élevées. Ce constat devrait donner à l’école un rôle majeur dans la réduction de ces inégalités et dans l’éducation à une utilisation intelligente et féconde des technologies, autrement dit permettre le développement des compétences numériques et non de simples compétences technologiques. Constatons qu’elle est loin de relever ce défi, faute de l’avoir compris !

 

Parmi les « pépites » relevées lors de ce campus, je retiendrais tout d’abord l’expérience sur l’usage de twitter en amphi présentée par Solène Meignen, du Service Multimédia de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP). Le contexte était celui d’un cours d’épidémiologie de six cours de deux heures, avec des étudiants qui ne se connaissaient pas auparavant. L’enseignant, qui avait déjà une expérience des boitiers de vote, souhaitait créer de l’interactivité durant les cours, en interrogeant les étudiants en direct. Comme il est difficile de prendre des notes et de twitter en même temps, il a inséré des « pages tweet » au sein de son diaporama, soit 51 planches tweets sur l’ensemble des 12 heures de cours. Les questions étaient simples (par exemple : quelles seront les trois causes de mortalité en France en 2030) et comportaient des exemples de réponses. Le fil de tweets est projeté en même temps que le diaporama de l’enseignant, sur un écran scindé en deux, et celui-ci réagit en direct au fur et à mesure de l’arrivée des tweets.


L’évaluation de cette expérimentation montre un intérêt réel des étudiants, même si certains nostalgiques du cours magistral ont estimé que cela cassait le rythme, ce qui était justement, l’effet recherché ! 732 tweets ont été postés sur les douze heures de cours, sans tweets injurieux ou  déplacés, et donc sans nécessité d’un modérateur.


Les limites sont plutôt techniques (nombre important de connexion en simultanée ou absence d’équipements pour certains étudiants) que pédagogiques, même si l’enseignant doit savoir réagir en direct face à des tweets humoristiques ou hors sujet et donc rebondir pour relancer le débat. L’avantage est de donner du rythme, sans le côté fastidieux du passage de micro, en évitant les prises de parole trop longues et en permettant aux plus timorés de s’exprimer. On casse ainsi le discours de type conférence pour créer de l’interactivité. Comme l’évoque Antoine Flahault, l’enseignant, sur son blog (blog.ehesp.fr) « cela permet de recréer le cours en direct avec les étudiants». Parmi les conditions de réussite, il est relevé l’importance de l’accompagnement de l’enseignant en amont pour préparer son cours et l’importance de l’accompagnement des étudiants. Pour ce faire, il a été créé une petite animation multimédia pour installer twitter (animation qui tournait en boucle dans l’amphi) et deux personnels techniques étaient présents dans l’amphi pour aider les apprenants à créer leurs comptes tweet.


L’autre pépite est la présentation par Fernando Gamboa Rodriguez (de l’Université UNAM au Mexique), de l'Ecole du Futur. Il ne s’agit pas ici de réseaux socio numériques à proprement parlé mais d’une manière de créer de l’interaction au sein d’une salle de classe. Cette équipe a travaillé sur la question des environnements d’apprentissage, avec une approche visant à insérer la technologie dans la salle de classe de façon la plus efficiente et discrète possible, tout en imaginant des interfaces à l’échelle humaine qui prennent en compte les notions d’ergonomie, de contrôle partagé, de discussion, de coopération, de collaboration.


Deux réponses technologiques ont été inventées : la première est une table ronde interactive, sorte de tablette numérique horizontale, qui permet l’interaction de tous les participants assis autour de la table. Grâce à son interface simplifiée, cette technologie réduit la charge cognitive, elle permet la distribution du contrôle, elle encourage la participation et la collaboration en se basant sur les stratégies de négociation de groupe, elle favorise les habilités cognitives spatiales. Et puis, hop, elle redevient une table normale lorsque l’on a plus besoin de la technologie.


La seconde est le bureau collaboratif avec surface interactive : un peu la même que la précédente, sauf que chaque participant a en plus sa propre interface, ce qui lui permet de travailler pour lui et de rendre visible à tous le résultat de son travail lorsqu’il le souhaite.

 

Je me suis pris à rêver d’une telle technologie dans les CFA par exemple, pour apprendre à démonter un moteur de voiture ou lire un plan en 3D. Mais encore faut-il penser dès à présent la formation des enseignants pour ne pas reproduire, à l’infini, les mêmes modèles et les mêmes dévoiements des technologies, comme nous le connaissons aujourd’hui avec les tableaux blancs interactifs.


C’est heureux, nous avons encore un peu de travail devant nous …

Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Innovation
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Mercredi 22 août 2012 3 22 /08 /Août /2012 07:57

... on me trouve, comme dit l’expression populaire ! En ces temps de pré-rentrée, je me suis amusé à voir comment, outre les abonnés, les internautes arrivent sur mon blog. Blog qui, sans friser les sommets, connait une fréquentation régulière dont je ne suis pas peu fier. J’ai donc étudié les mots clés saisis et voici le résultat.

 

Tout d’abord, et c’est logique, on y arrive en saisissant directement mon nom. Vu sa rareté, les chances d’homonymie sont fortement improbables et donc, quand on me cherche (directement) on me trouve ! Plus étonnant pour moi, sont saisis aussi « Thèse Frédéric Haeuw » voire son titre complet « rapports au savoir et changement paradigmatique en andragogie », ce qui suppose  tout de même  une attente très spécialisée et un intérêt qui m’intrigue un peu.


Viennent ensuite mes invités, c’est-à-dire ceux dont j’ai évoqué le nom. Michel Serres, Edgar Morin (excusez du peu !) ; Jacques Naymark, Gérard Mlekuz (mes chers disparus) ; Michel de Koubé, Marie Béatrice Levaux. Petite anecdote à ce propos, j’ai reçu un très sympathique message de la petite fille d’Henri Bouchet, qui me remerciait, très émue que l’on y porte encore de l’intérêt, d’avoir évoqué les travaux de son grand père.

 

Arrivent ensuite les expressions, et là c’est un régal. J’attire depuis quelques temps un nombre incroyable de trompettistes, par les expressions « jouer de la trompette », « qu’aimez-vous jouer à la trompette », « mon mari joue de la trompette toute la nuit, que faire ? » (non, là je plaisante …). Je m’excuse d’avance auprès de ceux qui ne manqueront pas d’arriver par la suite, mais maintenant que vous êtes là… Dans les autres expressions amusantes, j’aime beaucoup le très régulier « comment regarder plus belle la vie sur son i-phone », qui fait suite à une brève que j’avais intitulée « plus belle la vie avec l’i-phone » ; Beaucoup plus troublant, et sans doute frustrant pour les internautes,  le « voir une vraie femme nue », qui fait suite à un article dans lequel j’évoquais « le parfum d’une vraie femme » ; évoquons enfin, « la lanterne magique en formation », mon préféré.

 

Enfin, tout de même, les expressions en lien avec mes thématiques de prédilections. Les classiques et très honorables « individualiser la formation », « construire le parcours de formation à distance », « comment financer la FOAD », « serious game pour illettrés » ; les plus philosophiques « les chances de la société numérique », «comment enseigner sans connaitre » ; les plus raffinés « construction identitaire et rapport aux savoirs », « l’homme est un animal déspécialisé ».

 

Voilà donc comment, en partie, s’entretiennent les réputations. Mon enthousiasme pour cet incroyable outil qu’est le blog ne se dément pas et à ce jour, ni les réseaux sociaux ou autres Twitter de m’ont apporté autant de plaisir dans la création intellectuelle. Ecrire un billet de blog, pour peu que l’on veuille y mettre un peu de profondeur, est un exercice stimulant qui, comme la poésie classique,  impose des règles pour mieux s’affranchir de la banalité.  Finalement, aujourd’hui, ce blog me résume assez bien. Il est à mon image, il donne à voir ce que je pense et ce que je sais faire, il trace en pointillé les étapes de mon parcours. Je regrette un peu le manque d’interactivité, mais ce n’est pas sa vocation première et celle-ci se passe dans d’autres temps et d’autres lieux. J’espère juste que la rapidité de l’évolution des technologies et de leurs usages sociaux ne renvoie pas trop vite la blogosphère à la préhistoire technologique, au côté du Minitel et, tiens, terminons par là, de la lanterne magique !

Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Humeur
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Samedi 16 juin 2012 6 16 /06 /Juin /2012 18:59

 

Enfer et damnation ! Trompé par mon sens auditif et une interprétation trop hâtive, j’ai commis, en ce début d’année 2012, une impardonnable bévue, entrainant mes lecteurs dans une erreur majeure, quoique non vitale. Voilà l’affaire : pour présenter mes vœux sur ce blog, j’ai cru bon d’ironiser gentiment sur mon voisin, trompettiste amateur dont je louais autant la persévérance que les progrès dans l’apprentissage, ô combien difficile, de cet instrument. Or, je viens d’apprendre que ce dit voisin n’est en rien trompettiste débutant mais … retraité et professeur de trompette à ses heures. Les balbutiements musicaux ne lui appartenaient guère, mais bien à ses élèves, successivement reçus à une heure ou, généralement, les retraités font leurs siestes. Ainsi donc, à l’instar d’un Maxime le Forestier qui « tombait amoureux de tout un pensionnat », me voilà capable de m’enticher, sans le savoir, d’une palanquée de trompettistes en herbe !


A propos de débutant, j’ai fait mes premiers pas, le 12 juin, en tant que cyber animateur, lors de la webconférence du FFFOD avec Jean Fraysshines (voir billet précédent). J’étais presque aussi stressé que lors de ma première intervention publique (un peu moins, tout de même !) mais finalement cela ne s’est pas trop mal passé.  Une heure, c’est un bon format pour débroussailler le terrain, même s’il reste encore beaucoup à dire sur les styles d’apprentissage et les liens avec la réussite et la persistance en FOAD. D’autres questions mériteraient en effet d’être abordées. Par exemple : Adopte-t-on toujours le même style ou cela dépend-il du contexte ?  Les styles peuvent-ils être modifiés, et comment ?  Le fait de connaitre son style d’apprentissage augmente-t-il sa performance en tant qu’apprenant ? Les styles d’apprentissage sont-ils fixés une fois pour toutes ou évoluent-ils avec le temps et les expériences formatives ? Je reste également convaincu que l’on ne peut parler « d’un dispositif FOAD » et ne pas prendre en compte la diversité des dispositifs. Je pressens à cet égard que certains styles d’apprentissage sont mieux adaptés que d’autres au modèle pédagogique et épistémologique sous-jacent du dispositif et donc qu’une meilleure connaissance des apprenants visés augmente la qualité du dispositif. Peut-être pourrions-nous prolonger les échanges sur le sujet …

 

A part cet épisode cybernétique, j’ai poursuivi cette semaine mon accompagnement du CFA d’Arcachon. Le projet, ambitieux, vise à transformer l’organisation actuelle afin de produire, pour  la rentrée 2013,  un dispositif d’apprentissage en parcours individualisés. L’occasion de réfléchir sur les fondamentaux de l’alternance, sur l’adaptation nécessaire de cette modalité face aux besoins de personnalisation des entreprises, des apprentis et de leurs familles, et sur la  prise en compte des nouvelles manières d’apprendre des apprentis de la génération Y. Analyse qui conduit naturellement à reposer la question de l’enseignement et des nouvelles manières d’enseigner, et à interroger les raisons qui nous poussent à embrasser cette profession. Vocation sociale, passion de transmettre, désir  de permettre au jeune de s’épanouir dans un métier et de l’accompagner dans sa vie de jeune adulte en devenir, passion de geste professionnel et de la matière enseignée … autant de raisons qui ne doivent pas faire oublier que le plaisir d’enseigner, de former, d’accompagner, est indispensable et est aussi l’une des conditions des apprentissages réussis : Il ne peut y avoir d’apprenants épanouis sans formateur heureux.

 

Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Humeur
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Vendredi 15 juin 2012 5 15 /06 /Juin /2012 15:45

Le 12 Juin 2012, de 14 à 15h, j'ai animé pour le fffod une webconférence dont Jean Frayssinhes était l'invité. Il est l'auteur d'une thèse récente remarquée sur la FOAD et "l'effet des styles et de l'auto-apprentissage", disponible ici. Voir également le blog de Jean Frayssinhes.

 

De quoi s'agit-il ? Les taux d’abandon et d’échec des apprenants dans un dispositif de FOAD sont supérieurs à ceux des dispositifs en présentiel. Ces défections ou revers peuvent avoir des sources diverses que Jean Frayssinhes a étudié dans son travail de thèse, dans laquelle il a cherché à comprendre « comment s’y prennent ceux qui vont jusqu’au bout et réussissent leur formation ? ». A partir de la présentation de ces différentes dimensions de la réussite en FOAD qui touchent à la fois les styles d’apprentissage, les capacités d’auto-apprentissage et les dimensions psycho-affectives et cognitives, nous avons proposé, au cours des échanges, de voir comment faire évoluer nos ingénieries, tant dans la phase de construction que dans la phase d’accompagnement, pour faciliter les apprentissages autonomes et optimiser nos dispositifs.


Vous pouvez voir ou revoir cette webconférence ici


Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Usages
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 17:09

Depuis septembre 2011, je suis impliqué, en compagnie de Mariela, Marie Claire et Patrick, dans le chantier d’accompagnement des CFA aquitains. Chantier, qui, à vrai dire s’appuie sur un acquis de plusieurs années où les formateurs et responsables pédagogiques, au fil des rencontres organisées à Bordeaux et grâce à l’accompagnement des consultants sur leurs terrains, ont développé réflexions, outils, pratiques innovantes … propres à mettre en œuvre une Démarche Qualité partagée. Entrée par la compétence, sous l’égide de Guy Le Boterf, actualisation de la pédagogie de l’alternance et de l’analyse de l’expérience, projets culturels et citoyens, prise en compte des profils cognitifs, individualisation des parcours … ont été les principaux centres de focalisation.


Cependant, le découpage du chantier en actions thématiques rend parfois malaisé la traduction opérationnelle de ces différents axes dans un projet d’établissement qui tienne compte de la culture du centre, de son contexte et ambitions, de ses forces, atouts, et faiblesses. Les temps de maturation sont propres à chaque centre, confrontés à la gestion de la complexité dans un calendrier qui laisse parfois peu de place à une dimension réflexive et prospective.

 

C’est pourquoi je trouve particulièrement productif, en terme de professionnalisation des équipes et des personnes, les deux prolongements auxquels je contribue actuellement à partir de ce projet : 

 

La première orientation, que nous avons collectivement proposée en clôture de cette année du chantier aquitain, est la rédaction concertée d’un ou de plusieurs  guide(s), qui servirai(en)t à la fois de compilation et de capitalisation des expériences, de cadre structuré donnant à voir les consensus inter-CFA, d’outils propres à faciliter l’adhésion de nouvelles équipes et le  transfert en direction de celles-ci et pourquoi pas, si le résultat est à la hauteur de nos attentes, de promotion extrarégionale. Cet exercice n’est jamais aisé pour un formateur qui a davantage l’habitude d’écrire « dans et pour l’action » que « sur » l’action.  Mais elle est extrêmement bénéfique si elle offre l'occasion, un peu comme la démarche de VAE, de recomposer les éléments épars dans une  « forme » cohérente qui donne à voir ce que l’on est, collectivement et individuellement, à un moment T de l’action. Bénéfique aussi si elle permet une introspection honnête et une mise à plat des éléments réussis et des tentatives moins heureuses, et si ce détour réflexif est l’occasion de revisiter les théories et les valeurs sous-jacentes.

 

La seconde orientation est un accompagnement plus soutenu des équipes sur le terrain, et notamment un appui aux équipes dirigeantes. C’est la voie sur laquelle je suis engagé avec l’un des CFA Aquitain, qui vise la mise en place d’une « structure pédagogique d'alternance en parcours individuels » à horizon de la rentrée 2013. Réaffirmant les valeurs porteuses de sens, telle que la pédagogie de l’alternance, et analysant finement son contexte externe et interne, la Direction de ce CFA entend construire un dispositif en phase avec la société numérique, qui, comme on le sait, engendre des attentes nouvelles des entreprises comme des apprentis et de leurs familles, un besoin accru de personnalisation du service et une nécessité de revisiter, pour les moderniser, les ressources pédagogiques et les organisations supports de l’apprentissage. Après avoir défini les finalités et les intentions avec l’équipe de Direction, nous avons mis en œuvre une démarche de projet, basée sur la constitution de groupes thématiques (ingénierie, technologie, professionnels métiers, évaluation…), chacun ayant ses propres échéances et objectifs de production. Je relèverais ci-après trois éléments déterminants de cette approche :

 

Tout d'abord, la recherche de l’adhésion des équipes par une concertation permanente, mais, dans le même temps, une rigueur dans la gestion des objectifs, des échéances et la nécessité d’une production réelle de chacun au service du projet d’ensemble. En second lieu, la constitution d’un comité de pilotage composé des différentes parties prenantes du projet, à qui les différentes modèles et hypothèses de travail des groupes de production seront présentés pour débat et décisions. Enfin, l’utilisation d’un outil de gestion de projet en ligne, permettant à chacun d’être en interaction constante avec les autres groupes et informé en temps réel de l’avancée des productions. Cet outil favorise également les productions collectives, et rend plus aisé la gestion des temps de production par les animateurs des groupes, ceux-ci ayant été choisi en concertation. Avantage connexe : se familiariser avec un outil numérique, qui permet de projeter, en l’expérimentant pour soi, une gestion numérique des futurs parcours individualisés.


A suivre, donc, dans les mois à venir …

Par Frédéric Haeuw - Publié dans : Usages
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  • formation innovation technologies compétences FOAD
  • Consultant indépendant, Docteur en sciences de l'éducation, je travaille depuis plus de vingt ans sur les questions d'innovation et d'usage du numérique dans la pédagogie et la formation des adultes.
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