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Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 19:42
Sans prétendre livrer ici une dissertation philosophique, ce sujet de l’épreuve de philosophie 2010 du baccalauréat m’inspire une réflexion sur le devoir de mémoire en formation professionnelle. Comme je l’ai dit dans un billet précédent, je déplore cette absence de recul historique des « nouveaux entrants » de la formation, alors que le présent s’inscrit toujours dans une lignée, et que les générations spontanées sont un leurre. La compréhension des différentes lois sur la formation, les évolutions pédagogiques, la récurrente opposition entre éducation permanente et formation professionnelle, l’histoire même des organismes de formation et leurs ancrages culturels dans l’un ou l’autre des mouvements, sont des « pierres de rosette » indispensables à la compréhension de notre société éducative et aux résistances au changement. « Si tu ne sais pas où tu vas, regardes d’où tu viens », dit le proverbe africain. En cette époque perturbée où les acteurs de la formation sont en quête de sens, je vous propose une revisite, forcément sommaire et incomplète, des grandes dates de notre histoire commune, de Condorcet à la loi de 2009

 

 

 

 

 

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Par Frédéric Haeuw
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Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 21:16
Le 8 juin 2010, la rencontre annuelle des organismes de formation labellisés par les Branches des  salariés du particulier employeur et des assistants maternels a réuni plus de 300 personnes, dont près de 180 organismes. Cette manifestation était centrée cette année sur les enjeux numériques.

 

L’ouverture du « portail de la professionnalisation des emplois de la famille » qui a été dévoilé par l’Institut Fepem de l’Emploi Familial (IFEF) et les Branches, acte le passage de ce secteur dans l’économie numérique. L’usage des nouveaux outils de communication vise à renforcer la qualité et l’étendue des services proposés aux particuliers employeurs, mais aussi l’offre de professionnalisation des salariés, dans une vision élargie des modes d’apprentissage et de développement des compétences. Outil de mise en réseau, de valorisation et de reconnaissance des compétences, ce portail permettra d’accéder plus rapidement à l’offre de formation, de construire des parcours durables de professionnalisation, de créer des communautés de pratiques pour apprendre et travailler ensemble. Ces initiatives s’inscrivent dans le contexte et la construction d’une économie européenne de la connaissance et du développement de la formation tout au long de la vie.

Dans le prolongement de la démarche de labellisation des organismes de formation initié en 2009,  qui verra son point d’orgue en 2011, le séminaire du 8 juin 2010 a marqué une étape majeure pour le réseau des organismes de formation labélisés. Pour ces acteurs, le portail sera l’outil privilégié de promotion de leur offre, mais également espace de mutualisation, d’échanges de bonnes pratiques, de mise en synergie des actions sur un territoire. Pour les Branches enfin, c’est un moyen de mettre en avant l’investissement consenti depuis de nombreuses années afin de qualifier les salariés et demandeurs d’emploi désireux d’intégrer des emplois de  la famille, et de valoriser la modernité de ce secteur créateur d’emplois.

Le diaporama ci-dessous a accompagné ma présentation de la participation des organismes labélisés. Je l’ai réalisé sous la forme d’une invitation au voyage, auquel je vous convie à votre tour …

 

 

Publié dans : Economie
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 17:53

Jeudi dernier, j’ai eu le plaisir, de diner chez Jacques et Evelyne Naymark. Outre le bonheur de se retrouver après deux ou trois ans d’absence, ce repas partagé nous a donné l’occasion d’échanger nos points de vue respectifs sur l’évolution de la FOAD, nous qui, depuis plus de trente ans pour Jacques et un peu moins de quinze pour moi, œuvrons à différents niveaux pour son extension.

J’ai rencontré Jacques pour la première fois à Rennes en 1999, alors que je remplaçais au pied levé Daniel Poisson pour une conférence dans le cadre des rencontres du multimédia. Mon intervention s’intitulait « Les défis sociaux de l’autoformation, autonomie et risque d’exclusion ». Lui venait de publier chez Retz son « guide du multimédia en formation », travail majeur qui n’a, à ma connaissance, pas eu d’égal à ce jour. A partir de cette année, nous avons partagé régulièrement différentes aventures : les rencontres du FFFOD, l’écriture du référentiel de bonnes pratiques de la FOAD (RBP Z 76001, AFNOR), son instrumentation dans un outil de positionnement interactif,  la recherche action nationale « ressource et réseau (3R) » …

J’ose croire que cette histoire donne une portée à notre regard sur l’évolution de la formation ouverte et à distance, et plus généralement de la formation des adultes. Ce qui est frappant est, qu’aujourd’hui comme hier, la formation ouverte et à distance reste un objet de tension et de positionnement individuel  polémique : certains, par exemple, criant haut et fort que « le e-learning ne fonctionne pas », titre de la conférence du 25 mai 2010 au Club stratégie de Michel de Koubé, directeur de Nissan formation, d’autres experts affirmant sans plus de retenue dans leurs propos que « 30 % de la formation se déroulent en e-learning dans toutes les grandes entreprises américaines ». Les uns rejetant les autres dans leur ignorance …

Dans les faits, force est de constater que la FOAD n’a pas répondu à toutes les attentes, notamment ceux des mirobolantes promesses économiques d’il y a quelques années. Si l’on s’attendait à une révolution et une suprématie, on peut effectivement considérer les tentatives de ces vingt dernières années comme un échec.  A l’inverse, on peut toutefois estimer qu’en s’appuyant sur l’évolution constante et rapide des potentialités des  technologies et sur la déferlante des usages sociaux du web, la formation a réussi sa mutation grâce aux technologies et que tout aujourd’hui est FOAD ! La plupart des appels d’offre publics promeuvent son utilisation, l’individualisation poursuit son chemin grâce aux technologies, la majorité des apprenants et des étudiants utilisent leurs ordinateurs pour rechercher, produire, apprendre, communiquer … donc le pari est réussi. L’évolution culturelle s’est faite, en douceur, en n’opposant pas un modèle contre un autre, mais en irriguant progressivement tout l’appareil de formation, dans des configurations différentes adaptées aux besoins des apprenants et aux contingences organisationnelles des centres de formation[1] . La formation ouverte et à distance peut disparaitre en tant que concept, elle a transformé durablement les pratiques pédagogiques, ce qui était, somme toute, sa vocation initiale. Autrement dit elle a fait son temps !

Ce regard mesuré n’est possible que si on prend la peine  de considérer, dans la durée, l’histoire et la vie d’un concept et de lutter contre « la tyrannie de la vitesse absolue », chère à Gérard Blanc. Régulièrement, selon des cycles assez courts de deux ou trois ans, sous l’effet des crises et changements politiques qui traversent  la société française, les acteurs de la formation des adultes sont amenés à re-questionner leurs organisations. On bascule alors souvent d’une centration sur la pédagogie à une centration sur l’économie, comme si ces deux approches étaient amenées à s’opposer sans cesse. Une revisite de notre histoire commune de la formation, malheureusement souvent absente des cursus universitaire de formateurs d’adulte, est alors nécessaire. On y verrait que cette dichotomie n’est qu’illusion. Depuis fort longtemps, sans doute depuis les premiers travaux de Pierre Caspar, l’ingénierie de formation a réussi cette dialectisation entre le pédagogique et l’économique. En introduisant des techniques et des méthodes avérées, elle produit des dispositifs rationnels, efficaces et efficients dans lequel l’acte formatif n’est qu’un élément et l’ingénierie pédagogique un sous processus. Le référentiel de bonnes pratiques de la FOAD édité par l’AFNOR en 2004 en est d’ailleurs un exemple criant.

A propos de cette dichotomie et de cette nécessaire revisite de l’histoire, je vous invite, en toute modestie, à relire mon article intitulé « Individualisation et nouvelles modalités de formation : quelles articulations, quel avenir ? » paru dans la revue Actualité de la Formation Permanente n° 196 en juin 2005, dans lequel j’écrivais ceci : « Les pédagogues humanistes voient dans l’individualisation une démarche visant à la fois à renforcer l’efficacité de l’enseignement, à permettre une ré-appropriation par les formés de leur formation, à développer leur autonomie dans les apprentissages et à rendre les apprenants acteurs de leur vie (…) D’un autre côté, et de manière beaucoup plus récente, l’individualisation est prônée par les tenants de la rationalisation de la formation, qui voient dans l’individualisation une manière de réduire les coûts de la formation en prescrivant la solution didactique la mieux adaptée aux caractéristiques individuelles, donc plus courte et plus rapide (…) Cette opposition dans les finalités conduit parfois à des conflits d’intérêt et à des blocages, certains pédagogues rejetant en bloc l’individualisation sous couvert de cet argument économique. Il faut toutefois raison garder : en cette matière comme en tant d’autres, les positions manichéennes conduisent à l’impasse et il faut au contraire dialectiser, c’est à dire introduire, y compris dans une perspective humaniste, une forme de rationalisation, c’est à dire bien souvent faire au mieux avec les moyens dont on dispose »



[1] Voir à ce propos nos travaux sur competice


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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 10:52

« Apprendre, c’est naviguer dans un océan d’incertitudes, au travers d’archipels de certitude ». C’est l’un des messages forts que nous adressé hier Edgar Morin, lors de la conférence qui a suivi la mise en place du comité scientifique du comité mondial pour le développement de la formation tout au long de la vie. Et c’est peu de dire que nous avons tous bu avec gourmandise et délectation les paroles de ce sage, qui nous invite inlassablement à la résistance et la révolution pour réformer en profondeur l’éducation.

Partant d’exemples concrets et contemporains et nourrissant son propos d’illustres références, il nous a expliqué simplement les maux dont souffre aujourd’hui l’éducation dans son ensemble. Au premier chef, on ne s’en étonnera guère, la segmentation des disciplines, qui empêche de voir l’humain dans sa complexité, ses liens avec l’environnement, sa part d’animalité, et qui conduit à de graves erreurs de perception et d’illusion, de toute puissance et du rejet des points de vue de l’autre. A ce sujet, il plaide en faveur d’une  contextualisation dans l’appropriation des objets de savoirs, à une fécondation des sciences entre elles dans une dynamique de polydisciplinarité, à un retour aux humanités et à une université transculturelle, délivrant une culture fondamentale et non spécialisée. Le roman, par exemple, nous en dit autant sur la condition humaine que les sciences sociales ou économiques. De manière plus inattendue, il stigmatise également le manque de passion dans l’exercice éducatif, et nous invite, à l’instar de Rousseau ou Platon, à un retour de l’éros dans la relation pédagogique. Il revisita ensuite les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur : enseigner l’ère planétaire, enseigner l’affrontement de l’incertitude, enseigner la condition humaine… De son point de vue, cette réforme de l’enseignement ne peut se faire sans une réforme de la pensée politique, qui non seulement manque de références théoriques et de concepts idéologiques, mais qui est également entièrement assujettie à l’économie et aux profits.

En ce qui concerne la place des technologies dans l’éducation, il a comparé l’Internet à une vaste bibliothèque dans laquelle on peut flâner, butiner, faire d’improbables rencontres. Comme dans une bibliothèque, on peut tomber « par le plus pur hasard », sur l’article, l’ouvrage qui va correspondre à votre attente du moment, qui va s’insérer comme une pièce du puzzle dans votre propre cheminement  intellectuel, autrement dit trouver ce dont on avait besoin sans savoir qu’on en avait besoin ! Mais, nous rappelle-t-il aussi, cela ne suffit pas, car rien ne remplace la relation humaine, entre un apprenant et un aidant, un élève et un pédagogue. Nous avons besoin de nous voir, de nous entendre, d’être ensemble et aucun ouvrage d’Edgar Morin ne remplacera le plaisir d’avoir partagé une heure de sa vie, ici et maintenant, entouré de personnes partageant la même ferveur et le même plaisir.

Cette rencontre nous permis de toucher du doigt notre contingence humaine : nous sommes des êtres de réflexion autant que des êtres d’émotion et de sentiment et la segmentation que nous imposent à la fois notre éducation cartésienne et la société économique, peut nous conduire à la schizophrénie ou la désespérance.  Il nous faut donc entrer en résistance pour rester un être humain à part entière, avec ses faiblesses, ses doutes, ses passions, ses certitudes. Je me suis, en quelque sorte, senti soutenu dans ma position actuelle, car, comme l’a rappelé Edgar Morin dans sa conclusion, la réforme vient toujours de la déviance.



 

Publié dans : Humeur
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 11:44

Si vous êtes allé sur ce blog ces jours ci, vous avez peut-être pu voir des écrans de publicité à droite et à gauche. Rassurez-vous, je ne suis pas sponsorisé, et j’en ai moi même été étonné. J’ai relu attentivement les clauses de mon contrat qui me lie à Overblog et l’une d’elle précise en effet que « la société JFG Networks se réserve le droit d’inclure un bandeau publicitaire ou une fenêtre surgissante à caractère publicitaire sur le Site de l’utilisateur, quelque soit l’annonceur ». Ah oui, je n’avais pas lu, bien sûr, on a pris l’habitude de signer sans lire et voilà ce qui arrive. Mais bon, ce matin, il n’y en a plus, je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que j’ai posé la question au service juridique.

Cela m’a toutefois alerté sur le fait que je n’ai rien publié depuis le 1er janvier ; ma vie est un peu bousculée  en ce moment mais ce n’est pas une raison pour ne pas vous donner de mes nouvelles.

Alors, en voici, dans le désordre :

Côté professionnel, j’attends avec impatience la sortie du « nouveau portail de la professionnalisation des emplois de la famille » qui va remplacer le site de l’IFEF. Cela n’a l’air de rien comme ça, mais c’est une véritable révolution qui se prépare, puisque nous allons enfin disposer d’un véritable outil de collaboration pour les salariés du particulier employeur et pour les organismes de formation labélisés, qui pourront créer des communautés de travail, renseigner leurs CV en ligne, compléter leurs e-porfolio, produire et recevoir de l’information dédiée en direct, etc. Vive le Web 2.0 et l’économie de la connaissance !

Dans la foulée, nous préparons activement un serious game (ou plutôt un social game), en partenariat avec Loustic, plate-forme rennaise spécialisée dans l’étude des usages des nouvelles technologies, et LIBEO, agence interactive spécialisée entre autre en serious games. Vesta, du nom de la déesse romaine du foyer, sera destiné à mettre les assistants de vie en situation professionnelle en simulant, sur la base d’un jeu sérieux, leur environnement de travail. La dimension « réseau social » fera bien sûr partie intégrante de l’outil de formation, ainsi que la dimension mobile.

Pour me permettre de rentrer plus facilement dans l’univers du mobile, mon employeur m’a doté d’un i-phone. Adrien Ferro             m’a dit qu’il y avait une vie avant et une vie après l’i-phone, et je sais pas trop ce qui m’attend ; je crains que le fait de pouvoir consulter mes mails à tout moment renforce mon addiction et m’empêche de profiter pleinement du temps qui passe, mais on verra. Je pense toutefois qu’il me faut apprendre à déconnecter mon ordinateur et mon i-phone lorsque je serais en réunion, pour ne pas passer à côté des choses qui se disent. A force d’être connecté en permanence, on risque de se déconnecter de la réalité. Cela me rappelle un édito du temps d’Algora dans lequel je disais que "rien ne remplacera jamais le parfum d’une vrai femme … "

J’ai aussi renoué des liens avec l’A-Graf, l’Association du Groupe de Recherche sur l’Autoformation en France, et j’espère bien pouvoir y être accepté, et contribuer ainsi à ses  travaux. Si l’axe autoformation n’est pas mis en avant comme tel dans mes chantiers à l’IFEF, il sous tend cependant toujours mon approche, dans une vision d’accomplissement de soi, de formation tout au long de la vie, de réseau d’apprentissage. Ce rapprochement vise à me permettre de reprendre une activité (modeste !) de recherche, qui correspond aussi à la nouvelle direction donnée
à mon poste, notamment dans  une visée européenne.

Et puis enfin, c’est en allant sur le site de l’A-Graf que j’ai appris la disparition de Gérard Mlékuz, qui fut un de mes mentors en écriture lorsque je travaillais pour le CUEEP et avec qui j’ai eu le privilège de publier un ouvrage  sur l’écriture praticienne
[1]. Je me souviendrais toujours de son époustouflante intervention lors du premier colloque sur l’autoformation à Nantes en 1994 où, en contrepoint de discours universitaires, il faut bien le dire, un peu pompeux et solennels, il nous avait, sans avoir l’air d’y toucher, déroulé le fil de sa vie et son rapport particulier et affectif aux médias. C’est à cette occasion que j’ai ressenti, avec mes émotions plus que mon intellect,  le sens du mot autoformation comme reconquête de sa propre existence.

gerard

1-      [1]HAEUW Frédéric et MLEKUZ Gérard (dir.), « AGRIMEDIA, un réseau de centres de ressources pour la formation agricole », les cahiers d’études du CUEEP, n° 35/36, sept. 1998

 


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  • formation innovation technologies compétences FOAD
  • Consultant indépendant, Docteur en sciences de l'éducation, je travaille depuis plus de vingt ans sur les questions d'innovation et d'usage du numérique dans la pédagogie et la formation des adultes.
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