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Je voudrais présenter dans cet article l'évolution de la réflexion de l'Institut FEPEM de l'Emploi familial (IFEF) à propos de la place des Technologies de l'Information et de la Communication dans les dispositifs de formation

Dans un premier temps
, il est important de comprendre que la FOAD est une réalité déjà ancienne à l’Institut FEPEM, notamment par la création, dés 2003, avec notre partenaire ADRAR, du Certificat de Qualification Professionnelle  « Employé familial polyvalent » à distance, dans la région Midi Pyrénées. Il s’agissait, pour l’essentiel, de rapprocher l’offre de la demande, dans des territoires particulièrement excentrés. La solution proposée a été de créer des « minis groupes » sur des lieux de proximité (issus des centres Pyramide[1]), qui se retrouvent via la visioconférence, en interaction avec un formateur à distance, puis sur une plate-forme de téléformation pour des temps d’autoformation tutorée.

Inutile de dire que l’idée de former par les TIC des «femmes de ménages» était particulièrement ambitieuse, voire iconoclaste, à une époque où le e-learning était plutôt considéré comme réservé aux cadres ou aux personnes hautement qualifiées. Pour autant, la FOAD a été bien acceptée par les bénéficiaires. Passé la phase d’apprentissage, on oublie les technologies pour se concentrer sur les tâches professionnelles. Par ailleurs, la FOAD entraine des effets induits : l’apprentissage collaboratif, la création de solidarité (exemple du covoiturage) la solidarité sur le bassin d’emploi ! En outre, le côté gratifiant de l’utilisation des technologies est évident, tant sur les environnements personnels que professionnels.

Dans un second temps, nous avons abordé la FOAD pour les salariés dans le cadre de la formation continue ; là encore, les problématiques sont celles de l’accessibilité et de la disponibilité, mais aussi la prise en compte des caractéristiques de nos emplois : travailler au domicile dans une relation direct avec un bénéficiaire/employeur. Nous avons donc produit avec nos organismes de formation prés de cent-vingt des « ressources numériques interactives», grains de formation autonomes de vingt à trente minutes sur des thématiques métiers. A titre d’exemple :

·         La dépression et les troubles du comportement

·         Mesures de protection des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer

·         Communication avec les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer

·         Aide à l’alimentation des personnes âgées et/ou dépendantes

 

Ces ressources peuvent être utilisées dans différents contextes d’usage (FOAD, centre de ressources …). Aujourd’hui, elles sont intégrées dans des parcours de formation de vingt à quarante heures, sur des thématiques tel que « l’accompagnement des personnes âgées dépendantes », « prendre soin de soi pour prendre soin des autres » … La question de la bientraitance est en filigrane de l’ensemble de toutes les ressources développées.

Je voudrais toutefois insister sur un point important, le fait que la formation à distance permet de centrer l’accompagnement sur la réalité professionnelle des salariés. En effet, au-delà du travail sur les ressources, le formateur est dans une relation individuelle avec chaque apprenant afin de l’aider à analyser sa situation professionnelle et les améliorations à apporter à sa pratique. Assez paradoxalement, c’est grâce à la FOAD que l’on touche, avec un suivi très individualisé, le cœur de métier et que l’on met au centre de la formation, la situation singulière d’un salarié avec son employeur. Le projet partagé est celui de l’amélioration de la qualité du service rendu au bénéficiaire par une augmentation des compétences du salarié. Pour le dire autrement, je reprendrais l’expression d’une formatrice pour qui « le formateur c’est la plate-forme, moi je suis l’accompagnatrice ».

On aborde déjà ici un mouvement de fonds  profond, celui du changement de paradigme, du passage de la transmission de savoir à l’accompagnement de la professionnalisation, mobilisant d’autres outils que le « stage de formation ». Je veux évoquer ici deux déploiements à venir, les e-portfolio et les arbres de connaissance, qui seront expérimentés dés septembre 2009. La réalité de nos emplois est marquée par une relation directe avec l’employeur/bénéficiaire et donc l’absence d’intermédiation. Par conséquent, les personnes sont isolées, souvent confrontées à des situations difficiles et en attente de reconnaissance. Les technologies de l’Information et de la communication, sont mobilisées, non seulement pour se former, mais également pour permettre aux salariés de notre secteur de créer du réseau pour développer leurs activités multi-employeur ; de créer du réseau pour apprendre ensemble (apprentissage mutuel) ; de se reconnaitre dans une identité partagée.

Les e-portfolio et les arbres de connaissance sont dans cette mouvance ; ces deux outils visent à identifier, formaliser, présenter l’ensemble des  résultats obtenus au cours d’une carrière, et l’ensemble de ses savoirs, formels et informels. Cette mise en forme permet dans un premier temps de se réapproprier ses savoirs et souvent d’initier une démarche de professionnalisation : découvrir qu’on ne part pas de rien, que l’on a développé des compétences par l’expérience est une forme de reconquête de son parcours et de son image « en tant que professionnel » qui peut ensuite déboucher sur une démarche plus formelle d’apprentissage. En formalisant mes savoirs, je les confronte à ceux des autres professionnels et je me situe dans une identité professionnelle partagée. Nous sommes ici dans le paradigme de l’autoformation comprise comme « production de sa propre forme », dans laquelle la reconnaissance précède la connaissance !

Dans un second temps, les e-portfolio permettent de faciliter le lien avec les employeurs, qui peuvent avoir une vision claire des compétences proposées, y compris avec des témoignages d’autres employeurs, et être rassurés sur la qualité de la candidature. Je pense aussi ici à l’identification des compétences rares (avoir travaillé avoir un public spécifique par exemple). Bien évidemment, nous travaillons ce point avec notre site particulier-emploi.fr, qui œuvre à cette mise en relation.

Enfin, les e-porfolio et plus précisément les arbres de connaissance, permettent de créer des communautés de professionnels, tant dans une proximité géographique, comme les « relais assistants de vie », que dans un réseau étendu, national ou peuvent émerger les échanges de bonnes pratiques entre pairs, voire les « réseaux d’échanges réciproques de savoirs », dans lequel chacun est tour à tour formateur et formé, offreur et demandeur, expert et néophyte.

En résumé, la Branche professionnelle des Salariés du Particulier Employeur accompagne l’entrée de ses salariés dans la société de la connaissance et l’économie numérique. Ses initiatives technologiques permettent de concevoir une vision renouvelée de l’apprentissage et la recherche du continuum entre le travail et l’apprentissage, dans la perspective de la formation tout au long de la vie.



[1] Réseau régional de FOAD initié et animé par le Conseil Régional Midi Pyrénées, visant la couverture territoriale par des points d’accès à la visioconférence. Cf. http://www.reseau-pyramide.com

 

Tag(s) : #Usages

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