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Le CERIMES organisait ce vendredi 19 décembre une table ronde sur le financement de la FOAD.

Rien de bien nouveau sous le soleil (enfin, le soleil, façon de parler !) mais une prise de conscience avérée de la nécessité de revisiter les cadres habituels du financement de la formation pour prendre en compte la singularité de cette modalité de formation.

Je vous propose une petite liste, non exhaustive, des éléments à intégrer, de mon point de vue, par un financeur avisé :

 

1-     les investissements technologiques, importants pour tous les acteurs concernés, y compris parfois l’apprenant lui-même ;

2-     l’augmentation significative des temps d’ingénierie et des temps de production de ressources, bien plus lourds que pour le présentiel. A cet égard, l’expérience montre qu’il est plus efficace de distinguer les deux modèles économiques, celui de la production et celui de la distribution ;

3-     la question des droits d’auteur, qui interroge aussi le statut du formateur, voire sa rémunération. Ceci n’est pas sans lien avec les discussions actuelles sur l’évolution de la convention collective des organismes de formation ;

4-     la prise en compte et la traçabilité des temps de tutorat à distance et l’impact sur les modèles économiques : avec quelles organisations peut-on faire du tutorat individuel à distance de qualité ? à partir de combien d’apprenants et avec quelle dose d’autoformation atteint-on le seuil d’équilibre ? en résumé, comment « industrialiser l’individualisation des apprentissages à distance » ;

5-     la prise en charge des temps d’accueil administratif, plus importants : élaboration du Protocole Individuel de Formation (PIF), vérification des pré-requis technologiques et des équipements, par exemple ;

6-      la prise en compte du distinguo entre temps d’apprentissage et temps d’enseignement. Contrairement au présentiel, où n’est comptabilisé pour l’apprenant que le temps d’enseignement (le face à face), ici, tous les  temps d’apprentissage peuvent-être tracés et donc comptabilisés ; se pose alors la question de ce qui est imputable …

En définitif, je dirais, par expérience, que le déploiement de la FOAD est un processus long, avec un retour sur investissement à long terme, et qu’il faut sans cesse se remettre en question sans perdre la ligne directrice.

Pour boucler sur cette table-ronde (dont la  vidéo intégrale est consultable ici) on peut noter que l’on reste encore dans un modèle relativement fermé, dans lequel n’est pas encore prise en compte la diversité des modalités d’apprentissage induite par les évolutions technologiques et le web 2.0. Par exemple, les apprentissages informels, la construction de son e-porfolio, les échanges de pratiques, pourquoi pas les jeux sérieux…. ne sont pas encore considérés comme des temps de formation, alors même que la stratégie de Lisbonne nous invite à faire « feu de tous bois » sur les apprentissages formels, informels et non formels. La dernière circulaire réglementant cette question datant du juillet 2001, et la nouvelle loi sur la formation étant particulièrement peu diserte sur le sujet, peut-être faudrait-il se remettre sérieusement à la tâche.

 

 

Tag(s) : #Economie

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